C’est la paix au village…

Après 6 heures de route, à 250 km de Dakar, dans le sud-est du pays, je suis presque arrivée à destination, au village natal de ma mère… Mais dans le noir, vers 21:45, nous avons dû faire demi-tour sur un bitume «emmenthal» pour «descendre de la route», c’est-à-dire emprunter une route de terre et atteindre la petite ville appelée Medina Sabakh. Oui ! Il a fallu rouler encore quelques kilomètres à travers champs sans éclairage public sur une route non balisée et vraiment en mauvais état…La voici en plein jour.

Route emmenthal

Une si longue route

«Thiamène Sanghap, c’est le 3è village sur la route. Vous y allez ? Déposez-moi, je vous guiderai !», nous a dit cet homme. Croisé à Medina Sabakh parmi un petit groupe, il allait faire le trajet seul, à pieds à travers les champs, dans le noir avec juste une petite torche. Vous vous souvenez des chacals aperçus plus tôt sur la route ?

«Après la boutique, à gauche ; contourne la mosquée, oui c’est là, puis à droite …». Peu d’éclairage en géneral. Et bien dans certains villages : pas d’électricité du tout. C’est le cas encore à Sanghap, le village de naissance maternel, à environ 250 kilomètres de Dakar et loin des grandes villes !

Vous êtes blême ? Vous tremblez ? Ou au contraire vous jubilez ?… C’était plutôt mon cas. Vous savez, je ne suis pas 1 accro à l’internet mais quand même mon smartphone m’est devenu très utile… J‘étais prête pourtant !

Déconnectez-moi !

En France ou ailleurs, vous avez sûrement entendu parler de «zones blanches» ou de «detox numérique». J’ai vécu les 2 !

D’une part, nous n’avions presque pas de réseau téléphonique : il fallait se déplacer de plusieurs mètres hors de la concession pour capter un peu les ondes des opérateurs sénégalais. Je n’etais pas venu pour ça quand même !

D’autre part, pas de courant, pas de télé, plus de problème de chargeur, de lenteur de réseau, etc, etc. Avant le départ, j’avais prévenu la famille à Dakar que je ne serais probablement pas joignable…

C’était excellent en fait ! Après les retrouvailles – il faudra que je vous dise un jour comment se font les salutations ! – nous avons passé un bon moment à discuter dans le noir.Pour bien nous réveiller le lendemain, en forme malgré le long voyage chaotique ! Bon, le chauffeur a dormi un peu plus…C’était amplement mérité !

salle de bain1

salle de bain2

Le soleil est déjà levé…encore une belle journée ! Ces photos sont prises depuis la salle de bains, en réalité un espace privatif d’environ 9 m2, à l’air libre derrière la courette de la chambre de ma grand-mère. Pas d’eau courante mais il y a pire, n’est-ce pas ?!

petit chemin

Ecoute « Adduna »

Je ne peux vous proposer de bande-son mais fermez les yeux et imaginez : les oiseaux qui piaillent, les bruits des sabots des vaches et chevaux, les cris et les rires des enfants et des adultes aussi… Il y avait aussi les coups rythmés du pilon dans le mortier, l’odeur de fumée et celle alléchante de la cuisine. Cliché ? Non, belle réalité ! Into the busy but peaceful country ! Busy car en cette période, il y a beaucoup de travail aux champs.

Pour moi qui ne sais pas conduire une charrette ou travailler la terre…pas de connexion aux réseaux mais une reconnexion avec moi-même, ma famille, les gens. Je suis restée 2 jours. Ce fut pauvre en tapotage de claviers mais intense en babillages, plaisanteries, rires et émotions !

Adduna, c’est ça aussi ! Etre au coeur de la nature, de la réalité d’un autre environnement pour apprendre, puiser de l’inspiration, mettre en ordre ses idées et continuer sur le chemin.

Et vous, comment faîtes vous pour vous ressourcer ? Vous faut-il un environnement particulier ? Loin de tout ? Dépaysé(e) ?

ELEMENTAIRE et ESSENTIEL

Codou CISSE

2 thoughts on “C’est la paix au village…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.