J’ai acquis le savoir-faire de savonniers à froid et continue de me former et de travailler cette technique avec la même passion. J’ai souhaité exprimer ma créativité dans une technique particulière :

La saponification à froid.

Mon objectif : créer des savons de beauté haut de gamme, naturels et biologiques, des produits d’apparence simple mais finalement très utiles et qui font du bien à notre peau.

Le besoin était d’abord pour moi de répondre à un problème personnel (terrain allergique, eczéma, peau qui tiraille et qui est sèche). Je devais constamment faire attention aux produits utilisés et surtout consulter très régulièrement le médecin.

Au fil des années, après avoir aussi beaucoup dépensé, je n’ai pas vu de changements marquants.

La vie moderne nous a fait longtemps désirer des produits attractifs par leurs textures, leurs parfums et leurs promesses. La cosmétique industrielle y a répondu en produisant des savons « à chaud », qui, dans un processus accéléré, détériorent les propriétés des huiles et suppriment la glycérine naturelle, difficile à malaxer, pour la remplacer par des tensioactifs détergents. Au fil des applications, les savons industriels ont un effet potentiellement irritant ou allergisant sur l’épiderme.

Chacun a un rapport particulier à la beauté, hérité de rituels, de sa culture et de son expérience quotidienne. Je suis née en France, de parents originaires du Sénégal et, comme toutes les femmes de son pays, ma mère a, dès les premiers jours de ma naissance, longuement massé mon corps avec du beurre de karité pour protéger, adoucir et renforcer ma peau. Ce rituel ancestral, appelé « damp » en wolof, constitue une étape importante pour le nouveau-né et son développement. Ce lien à la fois affectif et protecteur, j’ai voulu le renouer en fabriquant des savons à base de 15% de beurre de karité – cette matière première précieuse que l’on surnomme « Or des Femmes » au Sénégal, au Bénin, au Burkina ou au Mali, car ce sont les femmes qui le collectent et le valorisent.

C’est ainsi que j’ai pu grandir en région parisienne dans un environnement très cosmopolite avec des camarades de classe et des amis aux origines diverses qui m’ont fait découvrir leurs origines, leur culture, leur gastronomie,… J’en ai compris la richesse après l’adolescence seulement. Dès mon plus jeune âge, je passais mes vacances au Sénégal, mais je n’osais pas parler wolof à cause de mon accent français. C’est en grandissant et en voyageant que j’ai pris conscience de qui j’étais, de tout ce qui composait mon identité. L’appropriation de mes racines a été un long chemin. J’ai finalement arrêté de me défriser les cheveux pour revenir à ma vraie nature. Aujourd’hui, aller au Sénégal, à Dakar ou dans le village éloigné de mes parents, c’est me reconnecter avec moi-même et profiter de la vie.

J’en avais aussi assez de perdre mon temps dans les rayons des parapharmacies à chercher L’ACTIF miracle, de m’y perdre devant les nombreux (réels ??) avantages vantés par un marketing puissant. J’ai été également stupéfaite de voir de nombreux produits de la cosmétique conventionnelle vendus par lots au Sénégal (pays de naissance de mes parents, auquel je suis très attachée).

Alors que la nature à portée est très riche et pourrait combler les attentes de manière simple et efficace, tout en valorisant l’écosystème, les rituels de beauté ancestraux, les matières premières locales.

Codou
Cisse

J’ai toujours été attirée par la cosmétique, cet art de révéler la beauté mais je ne me reconnaissais pas forcément dans la cible des grandes entreprises dont on voit partout les annonces.

En même temps (et parce) que j’ai débarrassé ma salle de bains de produits superflus pour ma peau et mes cheveux, j’ai souhaité aller à l’essentiel avec des produits simples et moins agressifs. Mon allergie n’était-elle pas alimentée par ces produits nocifs, ces dérivés du pétrole que je mets tous les jours sur ma peau ces « cocktails explosifs » ?

Dans ma quête infructueuse de l’actif miracle, en faisant des recherches, en rencontrant des professionnels passionnés, en lisant (Merci Michel Pobeda !) et me formant auprès d’eux,

j’ai découvert de nombreuses matières premières naturelles et leurs bienfaits – bien utilisées avec peu de transformations. Cela m’a fait beaucoup réfléchir. J’ai donc continué à me documenter et je suis passée à la pratique.

En septembre 2012, j’ai participé à mon premier atelier de fabrication de savon naturel à froid. Depuis, je n’utilise plus que des savons saponifiés à froid, faits de matières premières bénéfiques et de qualité, ma peau me remercie !

Dans cette quête, j’ai rencontré des professionnels passionnés mais surtout des gens formidables comme Jeff, Karine, Marie. Merci à vous pour votre disponibilité, vos conseils, votre soutien !